Des nanoparticules dans l’air de Saint-Simon ?

mardi 14 avril 2015

Des nanoparticules dans l’air de Saint-Simon ? Proches riverains de l’incinérateur des ordures urbaines du Mirail, c’est la question que l’on se pose depuis plusieurs années avec le souvenir de l’émission aérienne de dioxines et de furanes ignorées jusqu’à l’an 2000. Nous ne sommes pas spécialistes de ce sujet mais on commence à trouver des informations, soit dans des documents écrits, soit sur internet. Nous vous conseillons tout d’abord de lire, (même " en diagonale ") le dossier datant de juin 2014 de l’ASEF (Association Santé Environnement France) intitulé : Les nanoparticules, petites mais toxiques ?

On sait donc que ces particules, extrêmement petites ont des propriétés différentes de celles des mêmes éléments sous leur aspect habituel et qu’elles peuvent pénétrer les tissus humains jusque dans les cellules. C’est ainsi, par exemple, qu’on ajoute des nanoparticules d’argent à certains médicaments pour leur pouvoir antibactérien. On les trouve maintenant dans de nombreux domaines de la vie courante (cosmétiques, alimentation, médicaments, pneumatiques, vitrages autonettoyants, etc...) et les industriels savent très bien les fabriquer, les utiliser pour leurs intéressantes propriétés mais sans que leurs impacts sur la santé en général ne soient complètement évalués.

Sont encore moins étudiées les questions relatives de leur devenir en fin de vie, après destruction des produits qui en ont contenus (tubes de cosmétiques) et plus particulièrement lorsqu’ils traversent, sous forme d’ordures ménagères, les fours de l’incinérateur du Mirail. Qu’en reste t-il dans les vapeurs qui sortent des cheminées et qui planent sur le quartier, peuvent elles être dangereuses ?

Nous souhaitons vous communiquer nos sentiments à ce propos, sachant que cette technologie de pointe est en perpétuelle innovation et recherche.

En 2006, un rapport de 64 pages commandé par le ministre Serge Lepeltier annonçait page 40 " Les déchets solides (emballages, filtres), sont actuellement manipulés sans précaution particulière, et traités dans les filières classiques, notamment par incinération. La dispersion possible de nanoparticules pendant la manipulation n’a fait l’objet d’aucune évaluation. Toutefois, la forte tendance à la réagglomération des nanoparticules à haute température fait qu’il est peu probable qu’il puisse en exister dans les rejets gazeux des incinérateurs. " Mais plus loin, il est question de la volatilité de ces nanoparticules et donc rien n’interdit d’imaginer quelles puissent échapper à la réagglomération, voire qu’il s’en crée de nouvelles.

Bref, notre incinérateur nous expose t-il à des nanoparticules volantes , dangereuses ? Pour répondre affirmativement à cette question, il faut considérer deux aspects : Sont-elles toxiques ? et dans l’affirmative à partir de quelle dose ?

Si les nanoparticules émises par l’incinérateur sont en quantité insignifiante par rapport à la quantité que nous absorberions par notre consommation et mode de vie, il n’y a pas lieu de lancer une grande manifestation anti nanoparticules.

Nous demandons depuis plusieurs années que l’usine d’incinération procède à des prélèvements et à des analyses. Malheureusement la seule réponse que nous avons eu jusqu’à présent est qu’il n’existe pas d’appareil permettant cette évaluation, ni d’ailleurs de référence règlementaire comme c’est le cas pour les autres rejets gazeux et liquides étroitement surveillés, de cette usine.

Donc, nous ne savons pas !

Nous souhaitons un effort particulier de la recherche dans ce sens : il y a plusieurs incinérateurs d’ordures ménagères en France, implantés dans des zones de plus en plus urbanisées comme à Toulouse qui mériteraient une attention plus soutenue.

Nous avons tenu à faire cette communication sur notre site suite à un article récent qui annonce des technologies nouvelles de captage , de mesure et d’analyse des nanoparticules (voir fichier pdf) mais il semble que ce soit encore réservé à des milieux clos et calmes (ateliers, laboratoire). A quand l’extension en milieu atmosphérique ouvert ?

Les esprits négatifs vous diront que ce sera probablement la prochaine grosse affaire sanitaire qui fera oublier le procès de l’amiante. Nous préférons notre posture de " vigilants ".

Nous avons assisté en 2013 à une conférence sur ce domaine par des chercheurs de renom (un prix Nobel de physique ! entre-autres) qui travaillaient à mieux connaître ces nanoparticules et leurs applications dans le but d’améliorer nos conditions de vie. Ces scientifiques sont conscients des potentialités, et donc logiquement des risques. Nous avons été subjugués par la très jeune maître de conférences Lise-Marie Lacroix, et son exposé : "Nanoparticules : de la synthèse aux applications" Entre-autres applications, elle travaille en collaboration avec des cancérologues pour arriver à transporter des nanoparticules dans les cellules cancéreuses puis à les faire exploser (des nanoparticules tueuses d’amas de cellules cancéreuses, c’est quand même top).

Cet article est un appel à la réflexion, lecteurs n’hésitez pas à le commenter et à le compléter. Vous aurez compris que nous ne sommes pas à priori contre les nanotechnologies. Nous espérons que la science saura en faire de bonnes applications. Mais nous sommes également conscients d’un certain niveau de risque. L’homme a bien appris à domestiquer le feu, même si ce n’est pas encore à 100%.

Pour conclure, sachez que nous ne sommes pas seuls à nous inquiéter de ces nanotechnologies. Internet que vous pratiquez certainement aussi bien que nous recèle d’informations. Nous vous en proposons 3 : le scoopit de l’association de veille et d’information civique sur les enjeux des nanosciences et des nanotechnologies : AVICENN, le blog qui met la puce à l’oreille, et Bastamag. Comprenez bien que toutes ces informations publiques sont très éloignées du réel des laboratoires ultra secrets. N’imaginez-vous pas qu’il puisse y avoir des chercheurs en quête de la pierre philosophale pour d’un coup de baguette nanotechnologique transformer le mercure ou le plomb en or ?

Pour rester concret, nous vous rappelons que l’association SSE est adhérente de l’ORDIMIP où il y a un groupe d’études sur les déchets des nanotechnologies. Bruno Druille, Gilbert Cales


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