Incinérateur de Monlong : Commision de suivi 2014

mardi 4 novembre 2014

Informations sur l’incinérateur du Mirail

Ce document est une mise à jour du document publié en 2010 sur le même sujet.

Organisation générale  :

Avant 2009, le fonctionnement de l’incinérateur était assuré par la Société SETMI (1), filiale de Véolia Propreté, sous contrat de délégation de service public passé par la Ville de Toulouse pour durer jusqu’en 2021. En 2009, suite à la création de la Communauté Urbaine du Grand Toulouse (CU) devenue depuis Toulouse Métropole, cet organisme a pris en charge la responsabilité du traitement des ordures ménagères pour toutes les communes de la Métropole puis a confié cette tâche au syndicat DECOSET auquel a été transférée la gestion du contrat en cours avec la SETMI, avec la même échéance. La mairie de Toulouse a gardé la propriété de l’incinérateur et la responsabilité de l’enlèvement et du transport des ordures ménagères de la ville. Le syndicat DECOSET (2) spécialisé pour les déchets des particuliers, regroupe plus de 150 communes (dont le SICOVAL, la communauté Urbaine du Grand Toulouse, diverses communes du nord toulousain mais hors de la communauté du Muretain). Il pilote les usines d’incinération de Toulouse et Bessières ainsi que le centre de recyclage du tri sélectif, des déchèteries et assure le traitement de 500.000 tonnes d’ordures par an.

L’incinération des déchets Depuis 2007, l’usine a une capacité maximum de traitement annuel de 330 000 tonnes de déchets. Un minimum de 270 000 tonnes est nécessaire pour assurer la rentabilité de l’usine, ce qui lui est garanti par contrat et fixe le prix du traitement. Depuis 2008, le tonnage de déchets réceptionnés s’établit entre 270 000 et 280 000 tonnes (un peu moins en 2010 suite à des mouvements sociaux). La marge, c’est-à-dire la différence entre les 330 000T et les 280 000T, est gérée par le Directeur de l’usine qui peut répondre à toute demande, (après accord de la Préfecture), en particulier à celle d’autres départements à titre de dépannage par exemple. L’origine des déchets à incinérer est multiple :
- d’abord les ordures ménagères de la ville de Toulouse (164 000 tonnes en 2008, 156 000 tonnes en 2013) dont on constate une décroissance au cours du temps malgré l’augmentation de la population,
- celles d’autres communes avoisinantes (entre 66 000 tonnes et 75 000 tonnes),
- ainsi que des déchets industriels dits « banals » : 33 000 tonnes en 2008 et 54 000 tonnes en 2013, on constate là une augmentation constante,
- et enfin des déchets hospitaliers, de 4 000 à 5 000 tonnes par an.

Les rejets et leur surveillance (rien ne se perd…..) La combustion des déchets ne les fait pas complètement disparaitre : elle les réduit et en produit d’autres qui sont « rejetés » par l’usine d’incinération. Les rejets sont gazeux, liquides et solides. Leur quantité est bien sûr liée à la quantité des « entrées », d’où l’importance de la surveillance de la marge.

Par la cheminée sortent essentiellement de la vapeur, puis après filtrage et traitements divers des fumées de combustion : de l’acide chlorhydrique (HCl), du dioxyde se soufre (SO2), du monoxyde de carbone (CO), du dioxyde de carbone (CO2) et des oxydes d’azote (NOx). Il y a aussi d’autres substances comme des poussières et des métaux lourds (plomb, mercure, …) sous forme de particules plus ou moins fines. Tous ces résidus sont mesurés en permanence à l’entrée de la grande cheminée que tout le monde voit fumer. Il y a aussi les « dioxines et furanes » qui faisaient jusqu’à cette année l’objet de contrôles semestriels par un organisme extérieur spécialisé, en les surveillant dans un rayon de 2 km autour de l’usine par des mesures sur des lichens. Début 2014 a été installé un système de prélèvement en continu et d’analyse en « semi-continu » de ces produits. Mais est-on sûrs de connaître toutes les substances qui sortent par la cheminée ?

Les rejets liquides sont les eaux de lavage des fumées (eh oui !) contenant tout un tas de polluants de même nature que ceux qu’on retrouve dans les fumées. Ces eaux sont traitées dans une station particulière puis rejetées, après un contrôle partiel en continu, dans le pluvial. L’eau de lavage des conteneurs des déchets médicaux et celle du ruissellement des mâchefers sont aussi traitées et désinfectées avant d’être rejetées au réseau d’assainissement des eaux usées. Des analyses plus complètes sont effectuées trimestriellement ou semestriellement sur le résultat des traitements.

Coté solides , les plus visibles sont les mâchefers. Après leur sortie des fours, ils sont « déferraillés » puis stockés, en vue de leur « maturation » avant emploi, sur une aire de plein air mais palissadée. La société Mallet (3) en est la principale utilisatrice. Les autres produits sont des cendres et des « gâteaux de boues » envoyées dans des centres de traitement spécialisés.

Une inconnue d’actualité est celle des nanoparticules contenues dans ces rejets, aériens ou aqueux essentiellement. En effet, de plus en plus de produits courant comportent des nanocomposants (produits cosmétiques par exemple) dont on ne sait pas ce qu’ils deviennent en fin de vie, après passage dans les fours à 850 °C. Quels sont ceux rejetés dans l’atmosphère, en quelle quantité et avec quelle toxicité ? A ce jour pas de réponse à ces questions.

La valorisation La combustion des ordures est mise à profit pour produire de la vapeur, utilisée directement par une blanchisserie (celle des cuisines municipales et hôpitaux), ou générant de l’électricité pour l’alimentation de l’usine elle-même, le surplus étant revenu à l’EDF au profit de la SETMI. Transformée en eau chaude elle sert au chauffage urbain des quartiers du Mirail et alentours (10 000 équivalents-logements), du site de l’Oncopole (4) et prochainement de la future ZAC de la Cartoucherie à Toulouse. L’accent est mis par nos élus sur la « valorisation des ordures » : ils nomment l’incinérateur UVET (Unité de valorisation énergétique de Toulouse) ou CVDU (Centre de valorisation des déchets urbains), comme si c’était sa fonction principale alors que ce n’est que la façon la moins astucieuse – mais la plus efficace - de faire, si on peut dire, une sorte de recyclage. En effet, le centre de tri sélectif de Toulouse (5) a une capacité de 20 000 T/an soit moins de 10% de celle de l’incinérateur. Si l’on évalue le rendement de l’usine en faisant le rapport entre la vapeur utilisée comme dit ci-dessus et la vapeur produite par les fours, on trouve 41 %. Pour avoir l’appellation d’UVE ou de CVDU, celui-ci devrait être de 60 %. Autrement dit, 59% de l’énergie produite est dissipée en pure perte, c’est difficile à admettre en ces temps de recherche d’économie d’énergie tous azimuts…voir en annexe le graphique comparant, mois par mois pour 2013, la quantité de vapeur utilisée par rapport à celle qui est produite (en MWh).

Incinérateur de Monlong : Valorisation

Le réseau de distribution de l’eau chaude est géré par la société ENERIANCE (6), sous contrat de la ville de Toulouse.

La règlementation et son respect L’incinérateur est une Installation Classée pour la Protection de l’Environnement (ICPE). A ce titre, elle est soumise à une règlementation, sous forme d’Arrêtés Préfectoraux qui définissent ses capacités de traitement, la nature et la provenance des déchets à incinérer. De même, la nature et la quantité de matières polluantes produites et rejetées font l’objet de normes qui sont-elles même la transposition nationale de valeurs éditées par la Communauté Européenne.

La DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement - nota 7) est l’administration en charge de la bonne application et du contrôle du respect des règles. A cet effet, elle reçoit et traite les informations d’auto-surveillance des entreprises classées, des anomalies signalées et procède ou fait procéder par des spécialistes à des inspections inopinées ou non.

Ajoutons l’ORAMIP (Observatoire régional de l’air en Midi Pyrénées - nota 8). Il dispose de 2 stations d’analyse de l’atmosphère installées en permanence à quelque distance de l’incinérateur sous les vents dominants (Eisenhower et Chapitre) qui contribuent à la surveillance de la qualité de l’air, lequel contient aussi les pollutions routières voisines. En 2013 il a été procédé à une campagne de mesures sur des points proches de l’incinérateur et à l’intérieur du site dont les résultats montrent que, sauf sur le site lui-même, les limites règlementaires sont respectées.

En plus des rejets, d’autres désagréments sont signalées par les riverains proches : bruits dus à la manipulation de certains conteneurs et à la circulation des camions-bennes, odeurs qui s’échappent des enceintes confinées, poussières lors de la manipulation des mâchefers. Les responsables de l’usine font tous leurs efforts pour réduire ces gênes mais il y a quelquefois des ratés. Un registre des doléances est tenu.

L’information du public Les riverains de l’usine sont en droit d’être informés sur cette installation productrice de nuisances et éventuellement de danger pour son entourage. L’instance officielle est la CSS (Commission de Suivi de Site) – auparavant appelée CLIS - qui, sous la présidence du Préfet réunit des représentants de la DREAL, des élus locaux, des responsables et des ouvriers de l’usine ainsi que les Associations de riverains (Habitants de Lafourguette, Habitants de St Simon et Portet , St Simon Environnement). Elle se réunit une fois par an pour faire le point sur le fonctionnement de l’incinérateur l’année précédant la réunion.

Le SPPPI (Secrétariat permanent pour la prévention et la protection industrielle) est une autre organisation qui fonctionne avec le soutien de la DREAL et permet aussi d’avoir des informations. Malheureusement depuis quelques années cet organisme est « en sommeil ».

La SETMI participe elle-même directement à cette information : elle tient à jour un site Internet sur lequel on trouve les détails intéressants concernant son fonctionnement et sur lequel elle publie mensuellement le résultat hebdomadaire de ses contrôles internes sur les rejets gazeux : http://www.uve-setmi.info/index.php... De plus elle est ouverte aux visites, gratuites, organisées par la société Manatour spécialisée dans le tourisme industriel (9). De même, sur le site de l’ORAMIP, on trouve le résultat (pas toujours très récents …) des mesures des stations Eisenhower et Chapitre : http://www.oramip.org/frontoffice/m...

En guise de conclusion L’incinérateur du Mirail est une installation dont la fin de la rénovation date de 2008, les traitements des rejets sont efficaces et les résultats des mesures montrent le respect des normes. La durée de vie de cette installation est de 30 ou 40 ans et on peut se poser la question du maintien de cette usine dans un milieu urbain qui ne peut que se développer et voir la population se densifier sur une telle période. Si des solutions quantitatives de remplacement de l’incinération des ordures, malgré les efforts faits pour différentes formes de tri sélectif, semblent difficiles à trouver, on peut se poser la question du remplacement de la production d’eau chaude par des sources géothermiques pour lesquelles Toulouse semble bien placé. Il faudrait alors déplacer l’usine vers une zone moins urbanisée et qu’elle soit utilisée pour une production uniquement électrique, cette énergie étant facilement transportable.

En attendant, pour contribuer à la diminution des ordures ménagères à incinérer, surtout à St Simon où il y a de nombreux jardins, on peut recommander à chacun de s’essayer au compostage ménager.

Références : Rapports SETMI fonctionnement de 2007 à 2013 CR CLIS ou CSS de 2008 à 2014 Délibération du CM n° 47 du 18/12/09 Réunion du SPPPI du 29 avril 2010 Sites Internet :

Nota (1) http://www.uve-setmi.info/

Nota (2) http://www.decoset.fr/decoset/organ...

Nota (3) http://www.entreprise-malet.fr/page...

Nota (4) http://www.oncopole-toulouse.com/

Nota (5) http://www.toulouse.fr/web/proprete...

Nota (6) http://www.eneriance.fr/

Nota (7) http://www.midi-pyrenees.developpem...

Nota (8) http://www.oramip.org/oramip/index.php

Nota (9) http://www.manatour.fr/Visiter-la-SETMI

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